
En 2006, une initiative portée par le conseiller David Morin amena le Conseil municipal de Lavaltrie à envisager l’érection d’un monument en l’honneur des anciens combattants, visant à souligner la contribution des Lavaltrois ayant servi lors des grands conflits.
Le projet rencontrait plusieurs obstacles, notamment l’identification des anciens combattants locaux, la documentation de leurs faits d’armes et la compilation des différents conflits auxquels les citoyens de Lavaltrie avaient participé. Le site envisagé soulevait également des contraintes, le terrain de la Chapelle (presbytère) n’étant pas approprié pour accueillir un monument de grande envergure.
La décision fut prise de rendre hommage à un seul ancien combattant, Bernard Vaillant. Les informations concernant le Caporal Bernard Vaillant étaient fragmentaires, notamment sur le fait qu’il aurait perdu la vie lors du premier jour de l’offensive de son Régiment. Par conséquent, la municipalité souhaitait honorer son sacrifice sans pour autant ériger un monument d'envergure. À cette époque, désireuse d’agir rapidement, il fut décidé d’installer une plaque commémorative sur un socle pour perpétuer sa mémoire.
En 2021, lors des travaux d’aménagement de la Place du 350e de la Ville. La plaque de Bernard Vaillant a été déplacée à proximité de la Chapelle, vers le chemin qui mène au cimetière. La plaque honore la mémoire du Caporal Bernard Vaillant, sur un nouveau site orné de fleurs.
En mai 2024, la Société d’Histoire et du Patrimoine de Lavaltrie (SHPL) a reçu en don les médailles du Caporal Bernard Vaillant. Ces médailles, témoins précieux, ont révélé de nouvelles informations sur le service militaire de ce Lavaltrois durant la Seconde Guerre mondiale. La SHPL a décidé de restaurer ces distinctions et de les conserver dans un présentoir spécialement conçu pour les mettre en valeur et les préserver pour les générations futures.
Les médailles du Caporal Bernard Vaillant de Lavaltrie révèlent que ce dernier a servi avec bravoure durant la Seconde Guerre mondiale. Engagé à 21 ans dans le Régiment de la Chaudière, fils de Joseph et Yvonne Vaillant, il s’était enrôlé en mai 1944. Sa mémoire est honorée dans le Livre national de la Seconde Guerre, exposé dans la Chapelle du Souvenir de la Tour de la Paix à Ottawa.
Sa participation au conflit mondial est marquée par une barrette sur le ruban de sa médaille, indiquant 60 jours de service à l’étranger. La Croix d’Argent, remise à sa mère, souligne la reconnaissance de la nation pour le sacrifice ultime de Bernard. Les marques d’usure sur la Croix d'Argent suggèrent qu’elle fut portée avec fierté lors de cérémonies commémoratives.
Bernard Vaillant a combattu dans divers théâtres de guerre, notamment lors de la Campagne de Normandie, au Nord de la France, où il est tombé lors de la Libération de Boulogne-sur-Mer. Cette histoire rappelle l’importance de reconnaître tous ceux qui ont servi, afin de maintenir un devoir de mémoire collectif et de respecter les sacrifices des anciens combattants et des soldats contemporains dans les conflits modernes.
En 2025, la Société d’histoire et du patrimoine de Lavaltrie (SHPL) a proposé à la Ville un projet visant à honorer les anciens combattant(e)s par la construction d’un monument commémoratif. Ce projet ambitieux souhaite également mettre en lumière la contribution essentielle des femmes au sein des Forces armées canadiennes, afin que leur rôle soit reconnu et célébré au même titre que celui des hommes.
La Ville de Lavaltrie autorise la construction d’un monument à la Place du 350e et apporte son soutien par une contribution financière ainsi qu’une expertise technique. La Société d’histoire et du patrimoine de Lavaltrie tient également à souligner le précieux soutien financier de la députée Caroline Proulx, des entreprises Dévolutions, Coffrage Synergie et Groupe ISM, de même que les dons privés de Me Jean Hétu et de David Morin. De plus, la Ville a obtenu une contribution financière auprès d’Anciens Combattants Canada. La Légion royale canadienne de Joliette s’engage à offrir un soutien technique et à participer activement à l’événement de dévoilement.
Le monument sera réalisé par l’artiste Claude Des Rosiers, qui exécutera l’œuvre en public dès le printemps 2026. La date officielle de l’inauguration est le 25 octobre 2026.
La Société d’histoire et du patrimoine de Lavaltrie a sollicité la Ville pour établir un monument commémoratif porteur de sens, capable de reconnaître dans une même œuvre la contribution des femmes et des hommes qui ont servi leur pays.
Cette démarche se distingue par sa volonté d’inscrire, dans la pierre, une mémoire inclusive. Encore aujourd’hui, les monuments qui rendent hommage à la fois aux hommes et aux femmes militaires demeurent relativement rares. Le projet vise donc à rappeler que le devoir, le courage et l’engagement envers la collectivité ont traversé les époques, les conflits et les générations.
Pour traduire cette idée, il a été proposé au sculpteur de créer deux personnages réunis dans une même œuvre : un soldat portant une tenue associée à la Première Guerre mondiale et une femme militaire vêtue d’un uniforme contemporain des Forces armées canadiennes. Ce rapprochement volontairement anachronique crée un pont entre les générations et rappelle que le service militaire s’inscrit dans une continuité historique.
Le soldat de la Première Guerre mondiale évoque l’un des conflits les plus marquants de l’histoire contemporaine. Son uniforme, ses accessoires et notamment le casque Brodie permettent d’identifier rapidement cette période. Devenu l’un des symboles les plus reconnaissables de la Grande Guerre dans les pays du Commonwealth, ce casque rappelle l’expérience des soldats canadiens et l’ampleur des sacrifices consentis.
La présence d’un personnage féminin en uniforme contemporain témoigne quant à elle de l’évolution du rôle des femmes au sein des Forces canadiennes. Leur contribution aux grands conflits ne s’est jamais limitée aux soins de santé. Elles ont aussi servi dans des fonctions techniques, logistiques, administratives et opérationnelles, contribuant directement à l’effort collectif.
L’exemple de la reine Élisabeth II, qui a été conductrice et mécanicienne de véhicules militaires durant la Seconde Guerre mondiale alors qu’elle était princesse, illustre bien cette réalité. Au Canada, l’accès des femmes à l’ensemble des métiers militaires s’est fait progressivement, jusqu’à la levée de la dernière restriction en 2001 avec l’ouverture du service sous-marin.
Le monument présente ainsi une femme officier de la Marine canadienne en tenue de parade aux côtés d’un soldat d’une autre époque. Ensemble, ces deux figures rappellent que la mémoire militaire ne se limite pas à un seul moment de l’histoire ni à un seul visage. Elle appartient à toutes celles et ceux qui ont accepté de servir, parfois dans l’ombre, souvent avec courage.
Par cette œuvre, Lavaltrie souhaite offrir un lieu de reconnaissance, de transmission et de réflexion. Le monument invite la population à se souvenir, mais aussi à mieux comprendre la diversité des parcours qui composent notre histoire militaire collective au Canada.
Monument aux Soldat(e)s de Lavaltrie
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